DAS FRAGMENT AN SICH

Suchan Kinoshita

Das fragment an sich,

technique mixte, piano, partition, chaise, vase), dim variables suivant installation, 1994-2011

 

«Das fragment an sich» est une œuvre de 1994, conçue pour l’exposition «This is the show and the show is many things» au SMAK de Gand. Sur le pupitre d’un piano droit, une partition signée F. Nietzsche. Au sol, en vrac, dispersés, les touches du piano. Ne restent en place sur le clavier que les touches effectivement nécessaires à l’interprétation de cette partition. F. Nietzsche a composé 43 pièces musicales, n’a eu de cesse sa vie durant de dialoguer avec Wagner, a intégré la musique à sa philosophie, du point de vue de l’auditeur notamment : «Le sens de l’ouïe est pour Nietzsche l’un des outils majeurs de l’entreprise généalogique. L’écoute est donc d’abord une auscultation. Seulement, cette détermination est insuffisante à rendre compte de ses expériences d’auditeur de la musique. Une toute autre écoute est en jeu dans ces textes. Une écoute qui dispose au monde en même temps qu’elle l’incorpore à soi, autrement dit une certaine expérience musicale du monde.» Ce point de vue ne peut laisser Suchan Kinoshita indifférente. «Das fragment an sich» est un hommage à celui qui écrivait, fragment 19 de ses oeuvres complètes : «Au concept correspond l’image, les images sont des pensées originelles, c’est-à-dire les surfaces des choses concentrées dans le miroir de l’œil. […] Des images dans l’œil humain ! Voilà ce qui domine tout être humain: à partir de l’œil ! Sujet ! l’oreille entend le son ! Une toute autre conception, merveilleuse du même monde». Suchan Kinoshita a une formation musicale, suivie à Cologne, auprès de Maurizio Kagel. Pour elle comme pour Nietzsche, si entendre c’est comprendre le sens, écouter c’est être tendu vers un sens possible

 

Imaginons une vaste demeure, avec plein de chambres. Dans ces pièces habillées chacune d’une couleur différente, un objet familier, et aux murs, des cartes, des gravures, parfois des textes. Des choses reconnaissables. Et pourtant, tout est insolite. Comme si les logiques habituelles n’avaient plus cours, et que la raison, devenue capricieuse, rendait possible d’autres mondes que celui que nous croyons seul avéré. Peut-être un salon de musique. Un vieux piano. Son clavier est édenté. Des touches et des marteaux jonchent le sol. Mais la partition est encore là. Elle est signée Friedrich Nietzche, le philosophe qui aimait la musique avant tout autre chose. Le musicien vient peut-être tout juste de partir. Un clepsydre a écoulé tout son liquide, son temps, son sang. Pourtant il suffit que l’esprit revienne pour réveiller la musique et rassembler des fragments de vie (Suchan Kinoshita, Das fragment an sich, 1994-2006, exposition Capricci, Casino Forum Art Contemporain, Luxembourg, 2007)

 

De piano in het aangrenzende paviljoen is geprepareerd om sehr langsam slechts één stuk te spelen: Das Fragment an sich, dat de filosoof Friedrich Nietzsche in 1881 schreef. Aan het einde van de partituur staat dat het stuk herhaald moet worden, da capo, maar er staat geenfine , eind , waardoor een oneindige herhaling ontstaat . Naast de piano geeft een klok traag het verstrijken van de tijd weer (Almere, 2011)

 

 

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optimisé pour safari, chrome et firefox  |  propulsé par galerie Nadja Vilenne  |  dernière mise à jour  06.02.2016